Vous voyez souvent l’acronyme « RTT » sur votre fiche de paie sans vraiment savoir ce que c’est ? Vous vous demandez comment ça fonctionne et si vous y avez droit ? Comment faire la différence avec les congés payés ?
Cet article explique tout ce qu’il faut savoir sur la Réduction du Temps de Travail. Vous allez découvrir la définition exacte des RTT, comment calculer vos jours et connaître vos droits pour 2026, le tout de manière simple et directe.
Les points clés sur les jours de RTT en 2026
Pour ceux qui sont pressés, voici l’essentiel à retenir sur les jours de RTT :
- Définition : Des journées ou demi-journées de repos pour les salariés qui travaillent plus de 35 heures par semaine.
- Cadre légal : Le dispositif n’est pas automatique. Il doit être prévu par un accord d’entreprise ou une convention de branche.
- Calcul 2026 (forfait 218 jours) : Un salarié au forfait jours bénéficiera de 9 jours de RTT en 2026.
- Rachat possible : Le dispositif de rachat de jours de RTT par l’employeur est prolongé jusqu’au 31 décembre 2026.
Qu’est-ce qu’un jour de RTT ? Définition et origine
RTT est l’acronyme de Réduction du Temps de Travail. C’est un dispositif qui accorde des jours de repos supplémentaires aux salariés dont le temps de travail est supérieur à la durée légale de 35 heures par semaine. Ces jours de repos compensent les heures travaillées au-delà de cette limite.
L’origine des RTT remonte aux lois Aubry de 1998 et 2000. L’objectif était de faire passer la durée légale du travail de 39 heures à 35 heures par semaine pour favoriser l’emploi. Pour les entreprises qui ne pouvaient pas réorganiser leur temps de travail immédiatement, les RTT ont été une solution pour maintenir un horaire supérieur à 35 heures tout en compensant les heures supplémentaires par du repos.
Il est important de savoir que les RTT ne sont pas un droit universel pour tous les salariés. Leur mise en place dépend obligatoirement d’un accord collectif, que ce soit un accord d’entreprise, de branche ou une convention collective. Sans cet accord, pas de RTT, même si vous travaillez 39 heures par semaine. Dans ce cas, les heures au-delà de 35h sont considérées comme des heures supplémentaires et payées comme telles.
Quelle est la différence entre RTT et congés payés ?
On confond souvent RTT et congés payés, mais leur objectif et leur fonctionnement sont très différents. Les RTT sont une compensation pour un temps de travail hebdomadaire supérieur à 35 heures. Les congés payés, eux, sont un droit au repos annuel accordé à tous les salariés, peu importe leur temps de travail.
En clair, les RTT compensent des heures déjà travaillées en trop, tandis que les congés payés sont un droit à s’absenter tout en maintenant sa rémunération. Le calcul et les modalités de prise ne sont pas les mêmes.
| Critère | RTT (Réduction du Temps de Travail) | Congés Payés |
|---|---|---|
| Origine | Lois Aubry (passage aux 35h) | Droit social historique (Front Populaire 1936) |
| Objectif | Compenser les heures travaillées au-delà de 35h/semaine | Permettre un repos annuel au salarié |
| Acquisition | Au fur et à mesure des heures travaillées au-delà de 35h | 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif |
| Bénéficiaires | Salariés travaillant > 35h sous accord collectif | Tous les salariés, sans condition de temps de travail |
| Prise des jours | Fixée par accord (jours « employeur » et jours « salarié ») | Validée par l’employeur, avec une période légale |
Qui a droit aux jours de RTT ?
Pour avoir droit aux RTT, deux conditions principales doivent être remplies. La première est de travailler plus de 35 heures par semaine. La seconde, et la plus importante, est que votre entreprise soit couverte par un accord d’entreprise ou une convention de branche qui prévoit ce dispositif de réduction du temps de travail.
Si votre contrat est de 35 heures, vous n’aurez pas de RTT. Si vous travaillez 37 ou 39 heures par semaine, vous pouvez y avoir droit, mais seulement si l’accord collectif le mentionne. Sinon, ces heures sont traitées comme des heures supplémentaires. La situation peut varier selon votre statut et votre contrat.
Les salariés à temps partiel
En principe, un salarié à temps partiel ne peut pas bénéficier de jours de RTT. La logique est simple : son temps de travail est par définition inférieur à la durée légale de 35 heures. Il ne travaille donc pas d’heures « en trop » à compenser. Cependant, des accords d’entreprise spécifiques peuvent parfois prévoir des dispositions plus favorables, mais cela reste exceptionnel.
Les cadres (forfait jours vs forfait heures)
Pour les cadres, la situation dépend de leur contrat de travail. On distingue deux cas :
- Le cadre au forfait en heures : Son temps de travail est décompté en heures sur la semaine, le mois ou l’année. S’il travaille plus de 35 heures par semaine (ou l’équivalent annuel de 1607 heures), il peut acquérir des RTT comme les autres salariés.
- Le cadre au forfait en jours : C’est le cas le plus courant pour les cadres autonomes. On ne compte pas leurs heures. Leur temps de travail est fixé par un nombre de jours à travailler par an (le maximum légal est de 218 jours). Les RTT sont alors les jours de repos qui leur permettent de ne pas dépasser ce forfait annuel.
Les salariés en CDD et intérim
Les salariés en Contrat à Durée Déterminée (CDD) ou en intérim ont les mêmes droits que les salariés en CDI. Si l’entreprise qui les emploie a mis en place un accord de RTT, ils en bénéficient dans les mêmes conditions. Si leur contrat se termine avant qu’ils aient pu prendre leurs jours de RTT, ils reçoivent une indemnité compensatrice.
Les RTT dans la fonction publique
Oui, les RTT existent aussi dans la fonction publique. Le dispositif s’appelle « Aménagement et Réduction du Temps de Travail » (ARTT). Les règles sont fixées par décret et dépendent de la durée de travail hebdomadaire choisie par l’agent, qui peut aller jusqu’à 38h30 pour obtenir un maximum de 20 jours d’ARTT par an.
Comment calculer le nombre de jours de RTT en 2026 ?
Le calcul du nombre de jours de RTT dépend de la méthode prévue par l’accord d’entreprise. Il existe deux manières principales de faire ce calcul : la méthode au réel, qui cumule les heures, et la méthode au forfait, qui se base sur les jours travaillés dans l’année.
Méthode 1 : Le calcul au réel (forfait en heures)
Cette méthode est la plus simple à comprendre. Elle consiste à cumuler les heures de travail effectuées chaque semaine au-delà de 35 heures. Ces heures se transforment ensuite en journées ou demi-journées de repos. Le calcul est souvent simple.
Par exemple, pour un contrat de 39 heures par semaine :
- Vous travaillez 4 heures de plus que la durée légale (39h – 35h).
- Ces 4 heures par semaine sont transformées en RTT.
- Sur un mois (4 semaines), vous cumulez 16 heures, soit environ 2 jours de RTT (en se basant sur une journée de 7 ou 8 heures).
L’accord d’entreprise précise les modalités exactes d’acquisition et de prise de ces jours de repos.
Méthode 2 : Le calcul au forfait (forfait en jours)
Cette méthode est principalement utilisée pour les cadres autonomes au forfait jours. L’idée n’est pas de compter les heures, mais de garantir que le salarié ne dépasse pas un nombre maximum de jours travaillés par an, fixé à 218 jours.
Le calcul du nombre de RTT change chaque année car il dépend du calendrier (nombre de week-ends, jours fériés). Voici le calcul pour l’année 2026 :
Exemple de calcul des RTT pour un forfait de 218 jours en 2026 :
- Nombre de jours dans l’année : 365 jours
- On retire les samedis et dimanches : – 104 jours
- On retire les jours fériés tombant un jour ouvré : – 9 jours en 2026
- On retire les 5 semaines de congés payés : – 25 jours
- Total de jours potentiellement travaillés : 365 – 104 – 9 – 25 = 227 jours
Le calcul final est : 227 (jours potentiellement travaillés) – 218 (jours du forfait) = 9 jours de RTT pour 2026.
Comment sont gérés et payés les RTT ?
La gestion des RTT est définie dans l’accord d’entreprise. Cet accord précise comment les jours peuvent être posés, qui décide des dates et comment ils sont payés. Généralement, l’accord prévoit une répartition des jours disponibles.
On distingue souvent deux types de RTT :
- Les RTT « employeur » : L’employeur peut imposer les dates de prise de ces jours, souvent pour faire face à une baisse d’activité ou pour organiser des ponts.
- Les RTT « salarié » : Le salarié peut choisir les dates de ces jours, sous réserve de validation par son manager et en respectant un délai de prévenance.
La répartition est souvent de 50% pour l’employeur et 50% pour le salarié, mais l’accord peut prévoir autre chose. Pendant un jour de RTT, votre rémunération est maintenue à 100%. Le paiement apparaît normalement sur votre fiche de paie, sans perte de salaire. La durée de travail hebdomadaire de 35 heures est la base, mais le Code du Travail fixe aussi une durée maximale de 48 heures à ne pas dépasser.
Attention à ne pas confondre le RTT avec le repos compensateur. Le repos compensateur est accordé lorsqu’un salarié dépasse le contingent annuel d’heures supplémentaires autorisé dans l’entreprise. Il s’agit d’une contrepartie en repos, régie par l’article L3121-50 du Code du travail.
Que faire de ses RTT non pris en fin d’année ?
La règle de base est simple : les jours de RTT doivent être pris durant une période de référence, qui est le plus souvent l’année civile (du 1er janvier au 31 décembre). S’ils ne sont pas posés avant la date limite fixée par l’accord, ils sont en principe perdus et ne sont pas payés.
Heureusement, il existe des solutions pour éviter de les perdre. Voici les trois principales options :
- Le rachat de RTT par l’employeur (monétisation)
Une loi permet aux salariés qui le souhaitent de demander à leur employeur de racheter leurs jours de RTT non pris. Ce dispositif, initialement temporaire, a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Les jours rachetés sont payés avec une majoration de salaire et bénéficient d’une exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu. L’employeur n’est pas obligé d’accepter. - Le Compte Épargne-Temps (CET)
Si votre entreprise dispose d’un Compte Épargne-Temps, vous pouvez y placer vos RTT non pris. Cela vous permet de les conserver pour plus tard, afin de financer un congé plus long (congé sabbatique, formation) ou de bénéficier d’un complément de rémunération. - Le don de jours de repos
La loi permet de donner anonymement ses jours de RTT à un collègue qui est parent d’un enfant gravement malade ou qui est proche aidant. C’est un acte de solidarité encadré par la loi, qui permet d’aider un collègue en difficulté.
FAQ – Questions fréquentes sur les RTT
Acquiert-on des RTT pendant un arrêt maladie ?
Non, en général, l’acquisition de RTT est suspendue pendant un arrêt maladie (non professionnel). En effet, l’acquisition est liée au temps de travail effectif, et une absence pour maladie n’est pas considérée comme telle, sauf si la convention collective prévoit le contraire.
Combien de RTT par mois pour un contrat de 39h ?
Pour un contrat de 39 heures, vous travaillez 4 heures supplémentaires par semaine. Sur un mois moyen (4,33 semaines), cela représente environ 17,32 heures. Si une journée de travail fait 7 heures, vous obtenez environ 2,5 jours de RTT par mois.
Les RTT non pris sont-ils payés en fin de contrat ?
Oui. Si vous quittez l’entreprise (démission, licenciement, fin de CDD) et qu’il vous reste des jours de RTT que vous n’avez pas pu poser, l’employeur doit vous verser une indemnité compensatrice. Cette indemnité correspond au salaire que vous auriez perçu si vous aviez pris ces jours de repos.
Un employeur peut-il refuser une demande de RTT ?
Oui, l’employeur peut refuser une demande de RTT « salarié » s’il justifie ce refus par les nécessités de service (forte activité, absence d’autres collègues…). Cependant, ce refus ne doit pas être abusif ou systématique. L’accord d’entreprise fixe généralement les règles (délai de prévenance, motifs de refus).